mardi, octobre 3, 2017

Voici Alexis Wagner (Canada), déléguée du Sommet des jeunes en agriculture

Alexis Wagner (25 ans) est bio-ingénieure. Elle a récemment terminé une maîtrise en politique environnementale à l’Université de Cambridge grâce à une bourse d’études Chevening et s’est spécialisée en durabilité des chaînes d’approvisionnement agricoles.
Voici Alexis Wagner (Canada), déléguée du Sommet des jeunes en agriculture

À première vue, un brasseur n’est peut-être pas le producteur agroalimentaire typique. Cependant, pour créer une bonne bière, il faut cultiver et choisir l’orge et le houblon avec soin. Chaque litre de bière brassée nécessite environ 0,3 kg de grain malté et environ 6 litres d’eau. L’industrie de la bière est en pleine effervescence. Il est donc plus important que jamais d’avoir un approvisionnement sûr et durable en ingrédients de grande qualité. Nous utilisons du malt canadien autant que possible, mais notre malt de spécialité vient d’aussi loin que de l’Allemagne. De plus, notre houblon biologique vient en majeure partie de la Nouvelle-Zélande. Dans une chaîne d’approvisionnement mondiale, qu’arrive-t-il en cas de pénurie, d’interruption du transport terrestre ou de fluctuations de la température entraînant des variations des spécifications matérielles? Même de légères variations des matières brutes ont une incidence sur l’efficacité et la saveur. Ces défis ne feront que croître à mesure que la moyenne de la température mondiale augmentera.

Le Sommet des jeunes en agriculture est, à ma connaissance, le premier événement réunissant des jeunes du monde entier pour parler de ces enjeux clés. Le réseautage nous permet de bien saisir la situation des producteurs agroalimentaires d’autres pays et de garder contact avec nos homologues internationaux tout au long de notre carrière. J’ai hâte de voir comment d’autres jeunes producteurs agroalimentaires s’y prennent pour faire valoir la durabilité en occupant un poste de débutant.

Depuis mon adolescence, j’essaie de comprendre ce qu’est exactement une chaîne d’approvisionnement durable, pour les producteurs comme pour les consommateurs. À l’université, j’ai participé à plusieurs projets d’agriculture soutenue par la communauté, expérimenté avec la fermentation et fait un stage d’été à la WWOOF (World-Wide Opportunities on Organic Farms). Cet échange culturel m’a permis de travailler dans des fermes des Scottish Borders, d’Angleterre et du sud de la France. Participer de si près à la production fut enrichissant, mais aussi épuisant. Je me souviens encore des passants qui disaient, en voyant les étalages de produits de la ferme : « Mieux vaut ne pas les acheter ici, ils coûtent moins cher à l’épicerie! ». Ces commentaires nous ont beaucoup peinés. Nous avions travaillé fort, et les gens ne voulaient même pas dépenser 30 pence de plus pour acheter une carotte. Cet événement m’a fait réfléchir à l’ensemble du système agroalimentaire, des intrants à la production, jusqu’à la consommation.

Maintenant, je sais dans quoi j’investis. Je fais un effort conscient pour acheter dans des marchés locaux, car je pense que la production locale favorise la sécurité et la durabilité alimentaires. Le gaspillage est un autre grand problème dans les pays développés, en partie à cause de la taille démesurée des portions et de l’achat en vrac. Vous pouvez cependant faire cuire les aliments en vrac, puis les congeler; garder les restes; préserver les fruits de saison; même fermenter les légumes. Cette solution semble extrême, mais la fermentation est rapidement en voie de devenir une tendance en alimentation!

À l’inverse, l’insécurité alimentaire est toujours présente au Canada, surtout en région éloignée. De plus, les personnes qui sont dénutries ne s’en rendent pas toujours compte. Les habitants de communautés nordiques doivent composer avec le prix exorbitant des aliments et n’ont parfois accès qu’à un dépanneur au lieu d’une épicerie en bonne et due forme. Par ailleurs, dans l’île de la province de Terre-Neuve-et-Labrador, 90 % des produits agricoles sont importés. Par conséquent, les fruits et les légumes coûtent cher et manquent de fraîcheur. En raison du régime alimentaire imposé par des fruits et des légumes coûteux et difficiles à obtenir, cette province a le taux le plus élevé de diabète et d’obésité au pays. La conscience alimentaire est liée de près à l’insécurité alimentaire. Nous devons informer les consommateurs en matière de santé et de régimes alimentaires à faible impact, et les encourager à réfléchir sur les répercussions de leurs achats. Si nous réussissons, nous serons sur la bonne voie.

Sommet mondial des jeunes en agriculture

À propos du Sommet mondial des jeunes en agriculture

Le Sommet mondial des jeunes en agriculture est une conférence jeunesse internationale semestrielle conçue pour inspirer et rassembler la prochaine génération de jeunes dirigeants en agriculture ou dans un domaine connexe. En 2017, 100 jeunes leaders âgés de 18 à 25 ans se réuniront à Bruxelles, en Belgique, pour créer un dialogue ouvert sur l’une des questions les plus complexes au monde : comment nourrir une planète affamée? Les réunions précédentes du Sommet ont eu lieu au Canada et en Australie. Cette année, le Sommet se déroulera pour la première fois dans une ville européenne. Le Sommet mondial des jeunes en agriculture s’inscrit dans le programme de formation en agriculture de Bayer qui vise à sensibiliser la planète entière à l’agriculture et à l’approvisionnement en denrées alimentaires. Pour en savoir davantage sur le Sommet, consultez le site Web www.ag-education.bayer.com, la page www.facebook.com/BayerAgEdu/ ou le fil Twitter @BayerAgEdu (tous en anglais seulement).

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