jeudi, septembre 28, 2017

Voici Brandon Hebor (Canada), délégué du Sommet des jeunes en agriculture

Brandon Hebor (25 ans) a grandi à Toronto. Il a obtenu un baccalauréat en sciences environnementales et en géographie de l’Université McMaster, puis a lancé sa propre entreprise d’agriculture urbaine, Ripple Farms. Il a aussi obtenu un certificat d’études supérieures en entrepreneuriat vert au Collège Seneca.
Brandon Hebor, déléguée du Sommet des jeunes en agriculture

Comme bien des Canadiens, mes arrière-grands-parents ont immigré au Canada et sont devenus agriculteurs par nécessité; s’ils n’avaient pas produit leurs propres aliments, ils auraient eu de la difficulté à joindre les deux bouts. Cependant, ma famille a vu l’agriculture peu à peu délaissée au fil des générations. J’ai grandi à Toronto, entouré de béton. À ma connaissance, j’étais l’une des seules personnes à faire pousser des plantes dans sa cour. Je suis passionné d’agriculture depuis que j’ai planté ma première graine à huit ans, et suis donc ravi d’avoir pu en faire une entreprise viable.

J’ai obtenu mon diplôme en 2015 et commencé un certificat en entrepreneuriat durable, même si je n’étais pas sûr de ce que j’allais faire ensuite. Un jour, je discutais avec un autre étudiant, Steven Bourne, de la possibilité de devenir des conseillers en entrepreneuriat durables. Je lui ai alors montré une photo de l’installation agricole à domicile que j’avais mise au point à titre d’essai. La fois suivante, il avait en main un plan d’affaires et m’a dit : « On tente le coup! ». L’appui d’un collaborateur était ce dont j’avais besoin pour faire le grand saut dans l’agriculture.

Notre entreprise, Ripple Farms, est établie sur la première unité d’agriculture urbaine au Canada. Nous y faisons pousser toutes sortes de plantes, de fruits et de légumes. Cependant, notre mission va encore plus loin : nous voulons éduquer et sensibiliser les populations urbaines en leur expliquant d’où viennent leurs aliments, et encourager les gens à faire affaire avec des entreprises locales de production d’aliments pour favoriser la sécurité alimentaire. Nos ressources sont efficaces en partie grâce à l’aquaponie. En termes simples, nous utilisons les excréments de poisson pour faire pousser des aliments issus de l’agriculture. Dans une installation de 15 mètres carrés (160 pieds carrés), nous pouvons produire une quantité d’aliments équivalente à ce que donnerait un terrain de 3 035 mètres carrés (¼ acre). Je m’occupe des activités bio, et Steven s’occupe du volet social de l’entreprise.

Nous accordons beaucoup d’importance à l’éducation. Nous avons parlé à environ 500 écoliers pour leur montrer le lien entre l’aquaponie, l’écologie et la biologie. Nous mettons la théorie en pratique : nous faisons des tests simples avec de l’eau, nous montrons nos gadgets aux enfants et leur laissons planter des graines et goûter aux plantes. Dans les classes plus avancées, nous utilisons des termes plus techniques et parlons, entre autres, des bactéries et des fonctions biologiques.

Quand nous avons lancé l’entreprise, nous n’étions que deux jeunes gars qui avaient une photo et un rêve. Comme notre projet était trop risqué pour les investisseurs conventionnels, nous nous sommes tournés vers la famille et les amis. Nous avons aussi pigé dans nos propres économies. Comme nous financions nous-mêmes notre entreprise, chaque dollar comptait. Nous avons dû prendre des décisions éclairées quant à nos achats. Nous sommes tous les deux entièrement investis dans notre entreprise et y consacrons en moyenne 80 à 85 heures par semaine. Je n’ai pas vraiment de vie en dehors de la ferme, mais je ne vois pas ce projet comme un travail. Je suis l’adage selon lequel « si vous aimez ce que vous faites, vous ne travaillerez pas un jour de votre vie »!

C’est la région du Grand Toronto qui connaît la plus forte croissance au Canada, à cause de l’exode des jeunes de la campagne vers la ville. Quand j’ai entendu parler du Sommet des jeunes en agriculture, j’étais surtout curieux de rencontrer des délégués de pays comme la Nouvelle-Zélande et l’Australie, dont la culture agricole est florissante. Il sera intéressant de rencontrer des gens de sociétés agraires qui excellent à motiver les jeunes. Ce qu’il faut, c’est amener les gens à voir l’agriculture comme une carrière viable, au lieu de rechercher systématiquement un poste en entreprise.

En voyant l’explosion de la population, je me demande comment nous allons nourrir tous ces gens si le développement des terres arables continue de la sorte? Comment combler le fossé qui sépare la population urbaine grandissante qui consomme les aliments et la population rurale, de plus en plus petite, qui les produit? L’Ontario importe 20 millions de dollars en aliments chaque année – quelle quantité pourrait-on produire à l’échelle locale? (Réponse : Plus de la moitié.) Et, surtout, quelles seront les répercussions des changements climatiques? Il sera intéressant de voir ce qui arrivera quand ces enjeux se feront plus pressants.

Sommet mondial des jeunes en agriculture

À propos du Sommet mondial des jeunes en agriculture

Le Sommet mondial des jeunes en agriculture est une conférence jeunesse internationale semestrielle conçue pour inspirer et rassembler la prochaine génération de jeunes dirigeants en agriculture ou dans un domaine connexe. En 2017, 100 jeunes leaders âgés de 18 à 25 ans se réuniront à Bruxelles, en Belgique, pour créer un dialogue ouvert sur l’une des questions les plus complexes au monde : comment nourrir une planète affamée? Les réunions précédentes du Sommet ont eu lieu au Canada et en Australie. Cette année, le Sommet se déroulera pour la première fois dans une ville européenne. Le Sommet mondial des jeunes en agriculture s’inscrit dans le programme de formation en agriculture de Bayer qui vise à sensibiliser la planète entière à l’agriculture et à l’approvisionnement en denrées alimentaires. Pour en savoir davantage sur le Sommet, consultez le site Web www.ag-education.bayer.com, la page www.facebook.com/BayerAgEdu/ ou le fil Twitter @BayerAgEdu (tous en anglais seulement).

copyright-bayercropscience-r