jeudi, octobre 5, 2017

Voici Cameron Olson (Canada), délégué du Sommet des jeunes en agriculture

Cameron Olson (24 ans) est né et a grandi à Calgary en Alberta. Ce fermier de troisième génération a obtenu un baccalauréat et une maîtrise en sciences animales de l’Université A&M du Texas et commencera un doctorat en sciences animales en 2018.
Voici Cameron Olson (Canada), délégué du Sommet des jeunes en agriculture

Mes grands-parents ont acheté la ferme où je vis en 1969 et ont rapidement commencé à travailler dans le secteur de l’élevage bovin de l’Alberta. Ma grand-mère et mon grand-père ont été parmi les premiers éleveurs de la race Limousin au Canada en achetant quelques animaux reproducteurs au milieu des années 1970. J’aimais beaucoup aller passer du temps à la ferme quand j’étais plus jeune, même si le bétail avait été vendu quand je suis venu au monde.

Étant donné que je suis né et que j’ai grandi à Calgary, j’étais habitué à la vie urbaine. Mes parents ont cependant acheté la ferme à ma grand-mère en 2002. Soudainement, l’endroit que je trouvais si paisible durant les visites la fin de semaine est devenu ma maison. L’année suivante, je me suis joint au club 4H de ma région. À cette époque, je ne me suis pas rendu compte qu’il s’agissait d’un moment décisif qui façonnerait les 15 années suivantes de ma vie. Les 4H ont stimulé mon intérêt pour l’agriculture, en particulier pour le bétail, dans le cadre de projets avec de jeunes bœufs de boucherie, des génisses et des veaux de naissage. La valeur des 4H dans ma jeunesse est inexprimable : je ne serais simplement pas où je suis maintenant si je n’avais pas pris part au programme des 4H.

Cameron en train de montrer une génisse Limousin pure race au International Youth Livestock Show du Calgary Stampede en 2006

Cameron en train de montrer une génisse Limousin pure race au International Youth Livestock Show du Calgary Stampede en 2006.

Mon intérêt pour les bovins de boucherie m’a mené loin de chez moi, jusqu’à l’Université A&M du Texas (College Station, Texas). Pendant que j’étais à l’université, une des expériences les plus importantes que j’ai vécu a été de faire partie de l’équipe intercollégiale d’évaluation des viandes de l’Université A&M du Texas en 2013. L’équipe avait pour fonction d’évaluer la qualité, le rendement et la valeur des carcasses et des coupes de bœuf, de porc et d’agneau. Avant de me joindre à l’équipe d’évaluation des viandes en 2013, je n’avais que très peu d’expérience dans le domaine des produits de viande et des procédés de transformation des animaux en aliments. Mon expérience se limitait aux animaux vivants jusqu’à ce jour. Cependant, le fait de me joindre à l’équipe d’évaluation des viandes m’a permis de découvrir tout le processus de l’agriculture animale. Dans le cadre de cette expérience, j’ai été exposé à l’abattage, au traitement, à l’emballage et à la vente au détail du bœuf, de l’agneau, du porc et de la volaille. Cette expérience a aussi renforcé le lien étroit entre la science de l’alimentation du bétail et la science de la qualité et du rendement de la viande. Ce qui se passe dans le parc d’engraissement a des effets réels sur la biologie des muscles et des graisses. Ces effets ont des conséquences sur l’acceptation des consommateurs par l’intermédiaire de facteurs sensoriels, comme le goût et la tendreté. Bien que je préfère toujours travailler avec des animaux vivants, mon expérience dans l’équipe d’évaluation des viandes en 2013 m’a permis de mieux apprécier l’étendue et l’importance de l’ensemble du secteur de l’agriculture animale. 

Mes grands-parents, Wayne et Betty Morris (à partir de la gauche), et un taureau d’un an qu’ils ont élevé

Mes grands-parents, Wayne et Betty Morris (à partir de la gauche), et un taureau d’un an qu’ils ont élevé.

En attendant de commencer mon doctorat à l’Université de l’Alberta, je me concentre sur la manière de réduire les émissions de méthane et d’autres gaz à effet de serre provenant du bétail en manipulant le microbiome du rumen. Je cherche essentiellement à trouver des moyens de contrôler les populations bactériennes dans le rumen. L’idée est de réduire la production de méthane à l’aide de tous les types de technologies possibles, de la gestion à l’utilisation de produits pharmaceutiques, en passant par la génétique du bétail. L’énergie de l’alimentation du bétail se perd par les émissions de gaz du rumen. Réduire la quantité d’énergie libérée par le bétail sous forme de gaz permet d’améliorer la capacité de transformation des aliments grâce à une meilleure rétention de l’énergie. Le bétail qui présente une bonne capacité de transformation des aliments consomme moins de nourriture pour chaque unité de poids gagnée. Il faut donc moins d’aliments pour produire une quantité équivalente ou supérieure de bœuf. Le secteur de l’élevage bovin est confronté à des défis en matière d’amélioration de la production. Des recherches approfondies portant sur la mise au point de nouvelles technologies ou l’amélioration des technologies constituent un donc un outil essentiel.

Le prochain Sommet des jeunes en agriculture sera une excellente occasion de créer de liens et d’échanger avec d’autres jeunes qui partagent le même point de vue. Le fait de rassembler tous ces jeunes nous donne la possibilité d’améliorer l’agriculture dans son ensemble. Nous devons rendre le travail de fermier plus attrayant, ce qui se fera en commençant par rendre cette activité plus rentable. Les gens délaisseront l’agriculture sachant qu’ils doivent consacrer de longues heures de dur labeur pour n’obtenir que peu de profits. Nous ne pouvons pas demander aux fermiers de travailler gratuitement. Pas besoin de chercher bien longtemps pour voir les obstacles considérables qui se dressent devant les jeunes qui souhaitent se consacrer à l’agriculture, le principal étant le capital nécessaire pour démarrer. De plus, un sentiment de peur semble régner chez les consommateurs, particulièrement dans les pays développés, lorsqu’on envisage la technologie des organismes génétiquement modifiés (OGM) et la manière de l’utiliser pour produire des aliments. Si on continue de dire aux fermiers que leurs nouvelles méthodes sont mauvaises et détruisent la nature, et qu’ils nuisent volontairement aux consommateurs, peu de gens souhaiteront pratiquer l’agriculture, et ce, même s’ils ont le capital et la volonté pour le faire. Il devient de plus en plus difficile de retenir les jeunes dans le secteur de l’agriculture. En effet, beaucoup d’efforts doivent être déployés afin d’assurer la relève dans l’élevage et l’agriculture pour nourrir le monde. Sans les fermiers, il n’y aurait pas de nourriture, peu importe le nombre de technologies en jeu. Ensemble, les participants du Sommet des jeunes en agriculture auront l’occasion de s’attaquer à ces défis afin de provoquer un changement pour la population mondiale. 

Une petite partie de l’équipe d’évaluation des viandes de l’Université A&M du Texas (de gauche à droite : Mallorie Phelps, Cameron Olson, Drew Cassens et Courtney Hemphill) sur le campus de l’Université A&M du Texas

Une petite partie de l’équipe d’évaluation des viandes de l’Université A&M du Texas (de gauche à droite : Mallorie Phelps, Cameron Olson, Drew Cassens et Courtney Hemphill) sur le campus de l’Université A&M du Texas.

À propos du Sommet mondial des jeunes en agriculture

Le Sommet mondial des jeunes en agriculture est une conférence jeunesse internationale semestrielle conçue pour inspirer et rassembler la prochaine génération de jeunes dirigeants en agriculture ou dans un domaine connexe. En 2017, 100 jeunes leaders âgés de 18 à 25 ans se réuniront à Bruxelles, en Belgique, pour créer un dialogue ouvert sur l’une des questions les plus complexes au monde : comment nourrir une planète affamée? Les réunions précédentes du Sommet ont eu lieu au Canada et en Australie. Cette année, le Sommet se déroulera pour la première fois dans une ville européenne. Le Sommet mondial des jeunes en agriculture s’inscrit dans le programme de formation en agriculture de Bayer qui vise à sensibiliser la planète entière à l’agriculture et à l’approvisionnement en denrées alimentaires. Pour en savoir davantage sur le Sommet, consultez le site Web www.ag-education.bayer.com, la page www.facebook.com/BayerAgEdu/ ou le fil Twitter @BayerAgEdu (tous en anglais seulement).

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