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mardi, janvier 5, 2021

Identifier la tache goudronneuse du maïs

• La tache goudronneuse est une maladie foliaire du maïs qui a récemment été observée en Ontario et qui peut nuire au rendement. • Le temps frais et humide ainsi qu’une longue période de mouillure du feuillage favorisent le développement de la maladie. • Si l’on soupçonne un cas de tache goudronneuse, un échantillon de tissu devrait être envoyé à un laboratoire à des fins d’analyse pour confirmer la présence de la tache goudronneuse.
Carte de la tache goudronneuse du maïs

La tache goudronneuse est une maladie foliaire du maïs causée par le champignon Phyllachora maydis. Elle est récemment devenue une préoccupation économique pour la production du maïs dans le Midwest. Les premiers cas ont été observés en 2015 dans l’Illinois et l’Indiana. Pendant quelques années après l’observation des premiers cas aux États-Unis, la tache goudronneuse ne semblait causer que des dommages esthétiques qui ne nuisaient pas au rendement du maïs. Toutefois, de nombreuses éclosions graves dans plusieurs états en 2018 ont démontré que cette maladie peut avoir un impact économique substantiel. Dans les années subséquentes, la maladie a généralement produit des symptômes moins graves, mais elle s’est étendue à de nouvelles zones géographiques, atteignant l’Ohio, le Michigan, le Minnesota et le Missouri et, tout récemment, l’Ontario (Figure 1). En raison de sa brève présence en Amérique du Nord, il reste beaucoup à apprendre sur l’importance économique de cette maladie à long terme et sur sa gestion.

Répartition actuelle et antérieure de la tache goudronneuse.

Figure 1. Répartition actuelle (septembre 2020) et antérieure de la tache goudronneuse.  
Source :
https://corn.ipmpipe.org/tarspot-2/  

Symptômes de la tache goudronneuse

Les symptômes de la tache goudronneuse sont distinctifs et ressemblent à de petits points noirs sur les feuilles. Au début, des lésions brunes ou jaunâtres, de forme ovale ou irrégulière, apparaissent sur les feuilles. De ses lésions, des structures produisant des spores noires appelées « ascocarpes » se développent (Figure 2). Les lésions sont surélevées, donnant aux feuilles atteintes une texture raboteuse ou bosselée. Des lésions beiges ou brunes avec des bordures plus foncées peuvent également se développer autour des ascocarpes. On appelle communément ces lésions des « yeux de poisson ». En Amérique latine où la tache goudronneuse est plus répandue, ces lésions en œil de poisson sont associées à un autre champignon, le Monographella maydis, qui forme un complexe de maladies avec P. maydis, connu sous le nom de complexe de la tache goudronneuse. Bien que des lésions en œil de poisson aient été observées aux États-Unis, la présence de M. maydis n’a pas été détectée. Les lésions en œil de poisson pourraient être liées à la génétique des hybrides, à la génétique du champignon responsable de la tache goudronneuse, à l’environnement ou à un autre facteur inconnu. Quoi qu’il en soit, la cause des lésions en œil de poisson dans les éclosions de tache goudronneuse en Amérique du Nord est actuellement inconnue, mais la recherche sur la maladie se poursuit.

Les stromas peuvent facilement être confondus avec des structures associées à d’autres maladies fongiques. Les lésions peuvent couvrir densément les feuilles et ressembler aux pustules du champignon responsable de la rouille. Les lésions peuvent également se fusionner causant de grandes plages de tissus nécrotiques, lesquelles pourraient être confondues par des champignons saprophytes croissant sur des tissus foliaires morts. Toutefois, contrairement aux champignons saprophytes ou à la rouille, la tache goudronneuse ne peut être enlevée par frottement. Les symptômes de la tache goudronneuse peuvent également être présents sur les spathes et les gaines foliaires. Le diagnostic requiert une analyse en laboratoire afin de distinguer les stromas de tâche goudronneuse des pustules de la rouille et d’autres agents pathogènes.  

Figure 2. Des ascocarpes produisant des spores noires sont un symptôme caractéristique de la tache goudronneuse.

Développement de la maladie

Les conditions environnementales qui favorisent l’infection et le développement de la maladie sont le temps frais (de 15 °C à 21 °C) et humide (humidité relative de 85 %) et de longues périodes de mouillure du feuillage (plus de sept heures). Même si la tache goudronneuse est nouvelle en Amérique du Nord, elle est répandue au Mexique et en Amérique latine. Le champignon P. maydis est un agent pathogène obligatoire qui requiert un hôte vivant pour croître et se reproduire. Aucun cas de transmission par la semence n’a été documenté. La pluie battante peut faciliter la propagation de la maladie.

À l’instar des autres maladies foliaires, l’impact de la tache goudronneuse dépend du moment et de la gravité de l’infection. Lorsque les feuilles sont infectées au stade du remplissage du grain, la plante ne produit pas suffisamment de sucres, ce qui la force à cesser de remplir ses grains avant que le point noir soit atteint et qui entraîne une perte de rendement. Lorsque la photosynthèse est compromise en raison de la perte de surface foliaire, les sucres présents dans les tiges sont utilisés par le reste de la plante, ce qui peut affaiblir la plante et la rendre plus sensible à la verse (Figure 3). D’autres recherches seront nécessaires pour comprendre les conditions favorables au développement de la maladie aux États‑Unis et au Canada.

Figure 3. Les infections graves de la tache goudronneuse peuvent rendre les plants de maïs plus sensibles à la verse.

Dans certains cas, la tache goudronneuse ne cause pas de perte de rendement soit parce qu’elle se manifeste tard en saison ou qu’elle ne se développe suffisamment pour avoir une incidence sur le rendement.

Le champignon P. maydis survit pendant l’hiver dans les résidus de maïs infecté à la surface du sol, lesquels deviennent une source future d’inoculum. Nous ne savons pas cependant dans quelle mesure ces résidus de culture à la surface du sol ont une incidence sur la gravité de la maladie l’année suivante.

Gestion de la tache goudronneuse

Une infection de P. maydis seule peut entraîner des pertes de rendement lorsque les conditions sont favorables au développement de la maladie. Les producteurs devraient inspecter leurs champs pour dépister la maladie et déterminer si des stratégies de gestion sont justifiées. Une infection grave peut affaiblir les tiges et devrait donc être surveillée afin de déterminer le meilleur moment pour effectuer la récolte. Il semble y avoir une corrélation positive entre le risque d’une infection grave et le potentiel de rendement d’un champ. Ainsi, les champs productifs et riches en azote semblent être plus sujets aux infections graves. Des recherches sur P. maydis en Amérique latine indiquent également qu’il y a une corrélation positive entre les doses élevées de fertilisant azoté et la gravité de la tache goudronneuse1.

Aucun hybride de maïs cultivé dans la Ceinture de maïs des États-Unis ne possède une résistance élevée connue à la tache goudronneuse; néanmoins, il semble qu’il y ait des différences légères quant au niveau de sensibilité entre les hybrides. La plupart des hybrides de maïs nord-américains, peu importe le fabricant de semences, semblent être relativement sensibles à la tache goudronneuse, mais certains semblent développer des symptômes légèrement moins graves.

Les rotations de cultures et le travail du sol sont deux pratiques de gestion communes qui permettent de réduire l’inoculum des agents pathogènes. Comme le champignon semble survivre à l’hiver dans les résidus de culture infectés, il pourrait être avantageux, dans une certaine mesure, d’éviter cet inoculum tôt en saison. Cela dépend de la quantité d’inoculum provenant d’autres sources (p. ex. les champs avoisinants) et de la distance de dissémination des spores. D’après l’étendue géographique de la maladie aux États-Unis en 2018, le champignon semble être disséminé rapidement sur de grandes distances lorsque les conditions météorologiques sont favorables. Les rotations de cultures et la gestion des débris infectés sont probablement d’une plus grande utilité durant les saisons de culture où les conditions météorologiques sont défavorables à la dissémination du champignon.

Aucun fongicide n’est actuellement homologué au Canada pour lutter contre la tache goudronneuse du maïs.   

 

Sources :

1 Kleczewski, N.M., Chilvers, M., Mueller, D.S., Plewa, D., Robertson, A.E., Smith, D.L., et Telenko, D.E. 2019. Corn disease management: Tar spot. Crop protection network CPN 2012-W. https://cropprotectionnetwork.org/.

Telenko, D., et Creswell, T. Août 2019. Diseases of corn Tar spot. BP-90-W. Botany and Plant Pathology. Purdue Extension. http://extension.purdue.edu.

Sources Web vérifiées le 28 septembre 2020.

Avis juridique

Les résultats peuvent varier d’un endroit à l’autre et d’une année à l’autre, selon les conditions de croissance, le sol et la météo. Dans la mesure du possible, les producteurs devraient évaluer les données d’essais menés à divers endroits et sur plusieurs années.

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