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lundi, janvier 11, 2021

La gestion du complexe des chrysomèles des racines du maïs

Corn Rootworm

Description Générale et Biologie du complexe des chrysomèles des racines du maïs

Des rapports récents sur la résistance au (x) caractère (s) Bt au sein du complexe des chrysomèles des racines du maïs (CRM) en Ontario nous rappellent que la lutte intégrée est essentielle pour combattre efficacement ce fléau. Les CRM sont également présentes au Québec, bien qu’aucune résistance au Bt n’ait été confirmée dans la province. En Ontario et au Québec, le complexe se compose de deux espèces, soit la chrysomèle occidentale des racines du maïs (CORM ou chrysomèle des racines du maïs de l’Ouest) et la chrysomèle septentrionale des racines du maïs (CSRM ou chrysomèle des racines du maïs du Nord). La CORM est jaunâtre et présente des bandes noires sur les ailes (figure 1). La CSRM est vert pâle tirant sur le jaune.

Chrysomèles

Figure 1. Chrysomèle occidentale des racines du maïs adulte (à gauche); chrysomèle septentrionale des racines du maïs adulte (à droite).

Le cycle biologique des deux espèces est très similaire. Les chrysomèles des racines du maïs produisent une seule génération par année et passent l’hiver au stade de l’œuf. L’éclosion des œufs commence au printemps, lorsque la température du sol atteint 10 °C. Cela se produit généralement entre la fin mai et la mi-juin1. Les larves (figure 2) passent par trois stades de croissance, le stade larvaire complet se déroulant sur environ trois semaines. C’est à ce stade que les plants de maïs subissent les dommages les plus sérieux. Dans l’Est du Canada, les adultes émergent entre la fin juillet et le début août1. Après l’accouplement, les femelles pondent leurs œufs dans le sol, la majorité des œufs étant déposés dans les 15 cm supérieurs du profil du sol.

Larves de la chrysomèle des racines du maïs

Figure 2. Larves de la chrysomèle des racines du maïs. À remarquer la capsule céphalique et la plaque anale brunes. Photo gracieusement offerte par UNL Entomology.

Variants de la chrysomèle occidentale des racines du maïs

Il existe aux États-Unis une variante de la CORM qui pond ses œufs dans les champs de soya. Comme le cycle de vie se poursuit, cette variante peut causer des dommages dans la culture de maïs qui suit le soya. Bien qu’on ne puisse l’écarter, la présence de cette variante dans l’Est du Canada n’a pas été confirmée. La même technique utilisée pour le dépistage de la CORM dans le maïs peut servir à surveiller les champs de soya dans les régions où la variante a été observée. Placez des pièges collants à au moins 45 cm (18 pouces) au-dessus du couvert végétal. Si la moyenne journalière par piège est égale ou supérieure à 1,5 CORM, il est recommandé d’adopter une stratégie de lutte pour la prochaine saison de culture. Les stratégies de gestion sont les mêmes que pour le type non-variant. Comme cette variante peut survivre dans le soya, il est déconseillé de semer du soya en continu; cependant, le blé d’hiver serait un excellent choix pour prolonger la rotation avant de revenir en maïs car ce n’est pas un hôte pour les larves de la chrysomèle des racines du maïs.

La gestion

Dépister les adultes pour éviter les dommages causés par les larves

C’est d’abord en surveillant l’activité des adultes de la fin juillet jusqu’en août de l’année précédente qu’on peut éviter les dommages potentiels causés par les larves. Le comptage des adultes dans les champs de maïs, que les insectes soient présents sur les plants ou capturés dans des pièges collants, peut donner une indication des risques de dommages pour l’année suivante. Les pièges collants sont de plus en plus utilisés pour évaluer ces risques. On doit ensuite procéder à l’arrachage de plants l’année suivante et déterminer l’importance réelle des dommages aux racines à l’aide de l’échelle des dommages aux nœuds.

Compter les adultes à l’aide de pièges collants dans le maïs2

Dans chaque parcelle de 4 à 20 hectares (10 à 50 acres) de maïs, choisissez deux rangs distants d’au moins 100 mètres (330 pieds) l’un de l’autre et d’au moins 50 mètres (165 pieds ) du bord du champ. Dans chacun des rangs, placez six pièges collants (p. ex. PheroconMD AM non appâté) séparés de 50 mètres (165 pieds). Fixez chaque piège directement au-dessus d’un épi, en prenant soin d’enlever les feuilles qui risquent de s’engluer. Identifiez les rangs de manière à pouvoir les retrouver facilement. Installez les pièges au moment de l’apparition des soies. Comptez chaque semaine les CORM et CSRM piégées et remplacez les pièges. Calculez le nombre moyen de chrysomèles adultes capturées par piège et par jour. Par exemple, si 100 chrysomèles ont été capturées au total dans 12 pièges pendant une semaine, la moyenne est de 1,2 chrysomèle par piège et par jour (100/12 = 8,3; 8,3/7 = 1,2 chrysomèle/piège/jour). Si, pendant la période de dépistage, le nombre moyen d’individus capturés dépasse 2 chrysomèles par piège et par jour, il est recommandé d’appliquer une mesure de lutte au cours de la prochaine saison de croissance. La période de dépistage devrait durer au moins quatre semaines.

Piège collant utilisé pour le dépistage des chrysomèles des racines du maïs adultes

Figure 3. Piège collant utilisé pour le dépistage des chrysomèles des racines du maïs adultes. Photo gracieusement offerte par Cory Tilstra.

Disposition des pièges collants dans la parcelle

Figure 4. Disposition des pièges collants dans la parcelle. Schéma gracieusement offert par Erin Hodgson, Iowa State University.

Mesures de lutte à appliquer quand le nombre d’adultes dépasse le seuil3

Appliquez les mesures de lutte recommandées par le ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales de l’Ontario, le MAPAQ, et la Coalition canadienne contre les ravageurs du maïs.

Mesures de lutte recommandées :

  • Rotation en culture autre que le maïs
    • Le maïs est la seule culture d’intérêt agronomique dans laquelle les ravageurs du complexe des chrysomèles des racines du maïs peuvent compléter leur cycle vital. Quand le nombre d’adultes dépasse le seuil, la rotation en culture autre que le maïs est la mesure de lutte connue la plus efficace.
    • Détruisez les plants de maïs spontanés dans la culture de rotation
    • Idéalement, évitez le maïs dans la rotation pendant deux ans
    • Si la rotation n’est pas possible, semez un hybride non protégé contre la CRM pendant la deuxième année en maïs afin de réduire la pression de sélection sur le caractère de protection et utilisez une autre mesure de gestion pour maîtriser la CRM, un insecticide par exemple.
  • Insecticides
    • Les insecticides peuvent être appliqués en traitement de semences ou par équipement au sol avant l’éclosion des œufs pour atténuer les dommages économiques causés par les larves de la chrysomèle des racines du maïs. Les autorités locales recommandent l’utilisation des insecticides dans la seconde année d’un système de production de maïs en continu4. Consultez le conseiller du bureau de renseignements agricoles local pour connaître les produits recommandés et les règles relatives aux applications.
    • Les traitements insecticides foliaires contre les adultes ne sont pas recommandés car ils ne procurent que peu de bénéfices économiques.
  • Utilisation d’un produit de maïs doté d’une combinaison de caractères de protection contre les ravageurs souterrains
    • Un maïs doté d’une combinaison de caractères est un produit qui a été modifié génétiquement pour élaborer au moins deux protéines agissant contre un même ravageur. Les produits qui contiennent la technologie SmartStaxMD produisent deux protéines de Bacillus thuringiensis (Bt) qui agissent contre les larves de la chrysomèle des racines du maïs, soit Cry34/35Ab1 et Cry3Bb1. Il n’est pas recommandé d’utiliser cette technologie pour les deux premières années en maïs afin de réduire la pression de sélection sur le caractère. Après une culture autre que le maïs, la CRM ne devrait pas être présente en grande nombre. Prenez des mesures de dépistage des CRM adultes dans le maïs de première année. Utilisez des insecticides appliqués en traitement de semences ou par équipement au sol au cours de la deuxième année de production de maïs en continu. Un programme présentement à l’essai en Ontario fait appel à des nématodes comme agent de lutte biologique offrant potentiellement une solution pour maîtriser la CRM. Utilisez une combinaison de caractères de protection contre les ravageurs souterrains pour la troisième année de production en continu, sans traitement insecticide (sur les semences ou au sol). Semez une culture autre que du maïs pour la quatrième année de la rotation ou plus tôt4.
    • *remarque : si les CRM sont résistantes aux protéines Bt, une combinaison de caractères de protection contre les ravageurs souterrains ne permettra pas de maîtriser la population d’insectes. Songez plutôt à utiliser une culture autre que le maïs et respectez les mesures d’atténuation recommandées par le ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales de l’Ontario et la Coalition canadienne contre les ravageurs du maïs5.

La résistance à Bacillus thuringiensis

En 2020, la CRM a causé des dommages étonnamment importants dans plusieurs comtés en Ontario dans les hybrides à combinaison de caractères Bt contre la chrysomèle. Cette situation est semblable à celle qu’ont connue les producteurs de maïs de la Corn Belt américaine il y a dix ans5. Au début des années 2010, des populations de CORM résistantes à la protéine Bt Cry3Bb1 ont été signalées en Iowa6. D’autres populations résistantes ont été identifiées au Nebraska7, dans l’Illinois8 et dans le Minnesota9. Certaines populations résistantes à la protéine Cry3Bb1 sont également résistantes aux protéines Bt mCry3A et eCry3.1Ab. Récemment, une résistance à la protéine Bt Cry34Ab1/Cry35Ab1 a été confirmée10.

Réponses aux questions fréquentes sur la gestion de la chrysomèle des racines du maïs

Est-il nécessaire d’effectuer le dépistage dans mon maïs de première année si je prévois semer du maïs à cet endroit l’année prochaine?

Oui. Les chrysomèles des racines du maïs femelles s’accouplent généralement dans le champ où elles sont nées. Habituellement, les femelles se dispersent plus que les mâles, c’est pourquoi les champs de maïs de première année abritent généralement un pourcentage plus élevé d’individus femelles. Dans les champs environnants, ceux qui ont été semés plus tard et où les soies et le pollen commencent à apparaître peuvent être plus attrayants pour les femelles que les champs semés plus tôt dans lesquels les soies ont commencé à brunir.

Puis-je utiliser la technique du dépistage des larves pour savoir si j’ai besoin d’utiliser un traitement d’urgence?

Le dépistage des larves peut être employé pour détecter la présence de larves de la chrysomèle des racines du maïs. Le seuil d’intervention économique général est de 2 larves ou plus par plant; alors, un traitement peut être justifié. Habituellement, au moment où les larves sont détectées, il ne reste pas suffisamment de temps pour éviter une perte économique.

Puis-je utiliser un insecticide pour tuer les adultes avant qu’ils ne pondent suffisamment d’œufs pour entraîner des dommages économiques?

Cette stratégie a été utilisée aux États-Unis avec un certain succès dans le passé, bien qu’elle ne soit actuellement pas considérée comme une option économiquement viable au Canada. Le moment d’intervention est critique dans ce cas. On compte les adultes sur les plantes et si un certain seuil est atteint, généralement 0,7 à 1 individu par plant, et que 10 % des femelles sont prêtes à pondre, un insecticide est recommandé.

Le travail du sol a-t-il un impact sur la population?

Le travail du sol à l’automne ou au printemps n’aura aucun impact sur la survie des œufs.

Un hiver froid pourra-t-il tuer les œufs?

Oui, mais cela dépend de l’intensité du froid, de la durée de la vague de froid, de l’espèce de chrysomèle présente, de la texture du sol et même de la couverture neigeuse et du système cultural. En général, la CSRM peut supporter des températures plus froides pendant une période plus longue que la CORM. La température peut descendre davantage dans les champs sans couverture neigeuse ou sans résidus de culture. Des recherches ont montré que si la température du sol est maintenue à -10 °C ou moins pendant deux à quatre semaines, les œufs de la CORM peuvent connaître une mortalité considérable11.

Sources :

1 Ontario Ministry of Agriculture, Food and Rural Affairs. Corn rootworm in Ontario CropIPM. omafra.gov.on.ca

2 Hodgson, Erin. 2016. Guidelines for using sticky traps to assess corn rootworm activity. Iowa State University Extension. https://crops.extension.iastate.edu/cropnews/2016/06/guidelines-using-sticky-traps-assess-corn-rootworm-activity.

3 Seiter, N., Spencer, J., Estes, K. 2018. The Bulletin. University of Illinois Extension. http://bulletin.ipm.illinois.edu/?p=4027.

4 Ontario Ministry of Agriculture, Food and Rural Affairs and the Canadian Corn Pest Coalition. 2020. Long-term responsible use of Bt hybrids for rootworm management.

5 Ontario Ministry of Agriculture, Food and Rural Affairs and the Canadian Corn Pest Coalition. 2020. Mitigation measures to manage Bt resistant corn rootworm in Ontario.

6 Gassmann, A.J., Petzold-Maxwell, J.L., Clifton, E.H., Dunbar, M.W., Hoffmann, A.M., Ingber, D.A., and Keweshan. R.S. 2014. Field-evolved resistance by western corn rootworm to multiple Bacillus thuringiensis toxins in transgenic maize. Proceedings of National Academy of Science. Vol. 111, pp. 5141–5146.

7 Wangila, D.S., Gassmann, A.J., Petzold-Maxwell, J.L., French, B.W., and Meinke, L.J. 2015. Susceptibility of Nebraska western corn rootworm (Coleoptera: Chrysomelidae) populations to Bt corn events. Journal of Economic Entomology. Vol. 108, pp. 742–751.

8 Gray, M. 2012. Continuing evolution confirmed of field resistance to Cry3Bb1 in some Illinois fields by western corn rootworm. The Bulletin Volume 20. University of Illinois Extension. http://bulletin.ipm.illinois.edu/article.php?id=1704.

9 Zukoff, S.N., Ostlie, K., Potter B., Meihls, L., Zukoff, A., French, L., Ellersieck, M., Wade French, B. and Hibbard, B. 2016. Multiple assays indicate varying levels of cross resistance in Cry3Bb1-selected field populations of the western corn rootworm to mCry3A, eCry3.1Ab, and Cry34/35Ab1. Journal of Economic Entomology. Vol. 109, pp. 1387-1398.

10 Gassman, A.J. et al. 2016. Evidence of resistance to Cry34/35Ab1 corn by western corn rootworm (Coleoptera: Chrysomelidae): root injury in the field and larval survival in plant-based bioassays. Journal of Economic Entomology. Vol. 109, pp. 1872–1880.

11 Gustin, R.D. 1981. Soil temperature environment of overwintering western com rootworm eggs. Environmental Entomology. Vol. 10, pp. 483-487.

Énoncés légaux