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mercredi, juillet 7, 2021

Combattre la pourriture à sclérotes dans le canola

ceinturant des tiges de canola

La pourriture à sclérotes, également connue sous le nom de sclérotiniose et de moisissure blanche, est la maladie qui menace le plus le canola dans l'Ouest canadien. Lorsque les conditions sont favorables à la maladie, les pertes de rendement peuvent dépasser 50 % dans certains champs, et 10 à 15 % pour l’ensemble d’une région1,2. Combattre la pourriture à sclérotes peut être difficile en raison d'un certain nombre de facteurs. Le champignon pathogène responsable de la maladie (Sclerotinia sclerotiorum [Lib] de Bary) peut survivre dans le sol pendant de longues périodes, ce qui diminue l’efficacité de certaines pratiques culturales comme la rotation des cultures et le travail du sol. L'agent pathogène infecte également de nombreuses plantes hôtes vivant dans les Prairies, une situation qui augmente la probabilité de rencontrer la maladie et limite les possibilités de rotation des cultures. L'agent pathogène se propage facilement d'un champ à l'autre par les spores transportées par le vent ou par le déplacement du sol et des résidus de culture. Plus important encore, l’évolution de la maladie est fortement influencée par les conditions environnementales, en particulier l'humidité, et favorisée par les stratégies de production qui visent un rendement élevé avec des peuplements denses. Enfin, de nouveaux produits de canola présentent une tolérance à la maladie; cependant, la plupart y demeurent sensibles2,3.

L'élaboration d’une stratégie de gestion qui tient compte des antécédents du champ et qui comporte des pratiques de lutte intégrée contre les maladies peut aider à réduire les pertes dues à la pourriture à sclérotes. Une stratégie de gestion efficace et durable doit reposer sur la résistance de l'hôte, certaines pratiques culturales, des fongicides chimiques et la lutte biologique. Il est également important de considérer certaines caractéristiques de la maladie au moment de l'évaluation des différentes options de gestion.

Principales caractéristiques de l’agent pathogène et du cycle de la maladie2,4

  • Les structures qui assurent la survie de l’organisme, les sclérotes, tombent au sol pendant la récolte et permettent au champignon pathogène de demeurer viable dans le sol pendant une longue période.
  • À partir du sol, les sclérotes germent et produisent des structures appelées apothécies qui s'étendent jusqu'à la surface du sol et infectent les plants de canola en été.
  • Les apothécies se développent et produisent des millions d'ascospores qui, emportées par le vent ou les éclaboussures d'eau, infectent les parties aériennes des plants de canola.
  • Les ascospores infectent les pétales de fleurs tombés sur les plants de canola ou sénescents quand il y a de l’eau à la surface des plants et que l'humidité est de 100 %.

Développement des plants et conditions environnementales favorables à la maladie2,4

  • L'infection primaire se produit pendant la floraison,, et le stade critique auquel la maladie risque de causer le plus de dommages se situe entre le début de la floraison et la pleine floraison.
  • Conditions météo optimales pour la croissance du canola, mais qui favorisent le développement de la maladie :
    • 2,5 à 5 cm de pluie ou d'irrigation une à deux semaines avant ou pendant la floraison
    • Longue période d’humidité dans le sol (10 jours ou plus au-dessus du point de flétrissement)
    • Températures de 15 à 25ºC
    • Conditions humides et températures comprises entre 20 et 25ºC après l’infection initiale
  • Le risque que la maladie se développe dans les champs ayant des antécédents de pourriture à sclérotes est plus élevé puisque l'inoculum de l'agent pathogène est probablement présent et prêt à provoquer les infections initiales. Les ascospores peuvent également être transportées par le vent à partir de champs voisins ayant des antécédents de la maladie.

Symptômes2,4

Dans les deux à trois semaines suivant l'infection initiale sur les pétales de fleurs mortes, les lésions apparaissent sous forme de taches aqueuses sur les feuilles et les tiges, en particulier autour des aisselles des feuilles. Quand l'infection se répand sur les tiges, les lésions s'agrandissent et prennent une couleur gris-blanc. Au fur et à mesure que les lésions s’étendent, des anneaux se forment autour de certaines tiges, ce qui entraîne le flétrissement des plants et leur maturation prématurée (figure 1). Si l’infection se poursuit, les tiges blanchissent et ont tendance à devenir friables. Le plant peut mourir prématurément, et il arrive souvent que les plants gravement infectés versent et s’égrènent à l'andainage. Un mycélium cotonneux blanc du champignon peut se développer à l'intérieur et à l'extérieur des tiges infectées. Des sclérotes noirs et durs sur la surface extérieure des tissus malades peuvent aussi être observés à l'intérieur des tissus infectés (figure 2).

tiges de canola

Figure 1. Lésions causées par Sclerotinia sclerotiorum ceinturant des tiges de canola. Photo gracieusement offerte par Xuehua Zhang, scientifique principal, santé des plantes, Bayer Crop Science.

l’infection des tiges de canola

Figure 2. Mycélium cotonneux blanc et sclérotes noirs visibles à la suite de l’infection des tiges de canola par Sclerotinia sclerotiorum. Photo gracieusement offerte par Xuehua Zhang, scientifique principal, santé des plantes, Bayer Crop Science.

Pour obtenir de plus amples renseignements sur la biologie, l’épidémiologie et les symptômes de l’infection par S. sclerotiorum, veuillez consulter l’article intitulé « Pourriture à sclérotes dans le canola ».

Lutte contre la maladie

Bonne tenue de dossiers

Tenir des dossiers qui indiquent avec précision les endroits où la maladie a frappé et avec quelle intensité peut aider à prévoir la charge potentielle d'inoculum pathogène (sclérotes). Il est également important d'enregistrer l’information sur le rendement par rapport aux conditions de maladie afin de faciliter la sélection des produits5.

Méthodes culturales de lutte

Rotation des cultures : La rotation avec des cultures non hôtes comme le blé, le maïs, l'orge ou l'herbe aide à réduire le nombre de sclérotes dans le sol. Parce que les sclérotes restent viables pendant longtemps, une rotation d'au moins trois ans est nécessaire avec une culture non hôte. L'agent pathogène peut infecter plus de 400 espèces végétales outre le canola, y compris de nombreuses plantes cultivées dans l'Ouest canadien comme le tournesol, les haricots, les lentilles, les pois et la moutarde, ainsi que des mauvaises herbes à feuilles larges courantes2,4,6,7.

Travail du sol : L'effet du travail du sol sur la lutte contre la pourriture à sclérotes n'est pas clair. Les sclérotes doivent être près de la surface du sol pour produire des apothécies et des ascospores; par conséquent, un travail profond du sol peut empêcher la germination des apothécies. Cependant, les opérations de travail du sol risquent de ramener à la surface les sclérotes enfouis profondément et de les disperser dans les champs7,8. Comme les sclérotes survivent bien dans le sol, le travail réduit est une pratique pouvant contribuer à diminuer la quantité de sclérotes viables. Selon les résultats de travaux réalisés dans le Wisconsin, les sclérotes sont demeurés à la surface du sol et n’ont pas survécu dans des conditions de semis direct5.

Désherbage : De nombreuses mauvaises herbes à feuilles larges communes, dont la bourse-à-pasteur, les chardons, le tabouret des champs, la stellaire moyenne, l'ortie royale, la fausse herbe à poux, le crépis des toits et d'autres, sont des hôtes pour S. sclerotiorum2,3. Ces mauvaises herbes peuvent servir de sources d'inoculum d’agents pathogènes pour le canola. Par conséquent, la lutte contre les mauvaises herbes est un facteur déterminant.

Semis et espacement des rangs : Les pratiques qui contribuent à limiter l’humidité dans le couvert végétal peuvent réduire l'incidence et la gravité de la pourriture à sclérotes. Au nombre des facteurs susceptibles d’influencer le taux d’humidité, on note le choix du champ, le taux de semis, l'espacement des rangs, les engrais azotés et le choix de produits de canola. Cultiver en rangs larges à un taux de semis inférieur dans un sol bien drainé peut favoriser la circulation de l’air dans le couvert végétal et maintenir le taux d’humidité sous le seuil requis pour la germination des sclérotes. Une concentration élevée d’azote dans le sol peut contribuer à la production d'un couvert dense et retarder la maturation de la culture, augmentant ainsi les risques de maladie. Utiliser des produits de canola hâtif et à port dressé, par opposition aux produits plus ramifiés, peut aider à limiter le développement des maladies.

Contrôle de l'irrigation :En culture irriguée, évitez les conditions qui génèrent de l'humidité sur les feuilles pendant plus de 12 à 24 heures ou pendant les périodes de forte humidité, surtout pendant la floraison. Arrosez tôt le matin, jusque vers midi, et veillez à ce les plants sèchent4,6,8.

Récolte : À l'andainage, la pourriture à sclérotes peut faire perdre jusqu'à un tiers de la récolte et entraîner un déclassement du canola en raison de la présence de sclérotes dans les échantillons de grain2. En outre, l’andainage favorise le développement des sclérotes et peut permettre à l'agent pathogène de demeurer dans le champ après la récolte. Si la météo annonce de fortes pluies et que la maladie est très présente dans le champ, évitez d’andainer. Nettoyez la batteuse après la récolte d’un champ fortement infesté par la pourriture à sclérotes afin d’éviter la propagation des sclérotes dans des champs peu ou pas touchés2.

Fongicides

Les fongicides foliaires peuvent constituer une option efficace pour la gestion de la pourriture à sclérotes dans le canola. Les principaux facteurs à considérer avec les applications de fongicides sont les suivants :

  • Moment et méthode d’application : L'incidence et le développement de la maladie dépendent des conditions environnementales autour de la floraison; c’est pourquoi le moment et la méthode d'application du fongicide sont critiques.
  • Dépistage : Il est indispensable d’évaluer les conditions propices à la maladie. Si le champ présente des antécédents de pourriture à sclérotes et que les conditions sont humides pendant les deux semaines qui précèdent la floraison, il est recommandé d’appliquer un fongicide foliaire entre les stades 20 % et 50 % de floraison, idéalement à 30 % de floraison2,6. Comme les fongicides s'attaquent essentiellement aux ascospores présentes pendant la sénescence des pétales de fleurs, un traitement avant 20 % de floraison est probablement trop hâtif, ce qui pourrait faire en sorte que des traitements fongicides supplémentaires seront requis plus tard.
  • Techniques de dépistage9
    • Visitez le champ pour repérer les petits champignons présents au début de la floraison.
    • Après la floraison, cherchez les plants parvenus à maturité prématurément.
    • L’infection débute par une pourriture molle qui ceinture la tige.
    • Les lésions blanchissent et deviennent friables.

Pour de plus amples renseignements et de bonnes photographies de canola à différents stades de développement, visitez : https://www.canolacouncil.org/canola-encyclopedia/growth-stages/.

  • Application: Il est essentiel que le fongicide couvre autant de pétales que possible et pénètre dans la canopée pour protéger les aisselles et les bases des feuilles d'une éventuelle infection. Pour couvrir adéquatement les pétales des fleurs, il faut envisager un volume d'eau et une pression plus élevés. Selon des recherches menées par Agriculture et Agroalimentaire Canada, les buses à jet plat classiques, les buses à venturi à faible dérive et les buses à jet en cône creux sont efficaces pour aider les applications de fongicides à réduire la sévérité de la maladie2,3.

ProlineMD et ProlineMD GOLD sont des fongicides de Bayer homologués pour la maîtrise de la pourriture à sclérotes dans le canola au Canada. Les deux produits offrent l’effet protecteur reconnu du prothioconazole, le fongicide ProlineMD GOLD possédant un second mode d'action (fluopyram), ce qui accroît l’efficacité contre le champignon.

L'application du fongicide ProlineMD (à la dose de 316 mL/hectare ou 128 mL/acre) et du fongicide ProlineMD GOLD (à la dose de 625 mL/hectare ou 253 mL/acre) au début ou au milieu de la floraison du canola, en prenant soin d’obtenir une bonne couverture, a permis d’obtenir un maximum d’efficacité et de protection contre le champignon qui nuit tant au rendement. Le fongicide ProlineMD GOLD, avec son mode d'action supplémentaire (fluopyram), offre une protection de contact et systémique. Le fongicide ProlineMD GOLD est recommandé pour améliorer la maîtrise de Sclerotinia dans les situations où la pression d’infestation est élevée et dans certaines conditions environnementales telles que forte humidité relative et des périodes de pluie prolongées.

Appliquer le fongicide ProlineMD ou le fongicide ProlineMD GOLD lorsque la culture est au stade de la floraison de 20 à 50 %. La meilleure protection sera obtenue lorsque le fongicide est appliqué avant le début de la chute des pétales, ce qui permettra de protéger un maximum de pétales. Une deuxième application du fongicide ProlineMD ou du fongicide ProlineMD GOLD peut être effectuée 10 à 14 jours plus tard, jusqu'à la pleine floraison, si la maladie persiste ou si les conditions météorologiques sont favorables à son développement.

Consultez les guides de protection des cultures de votre province pour obtenir la liste complète des fongicides homologués. Consultez les spécialistes des cultures, et lisez et suivez toujours les recommandations de l'étiquette des fongicides.

Outils d'évaluation des risques : En raison des coûts associés aux applications de fongicides et de la grande variabilité des conditions environnementales propices à l'apparition des maladies, les producteurs agricoles doivent déterminer s'il faut ou non pulvériser. Il existe plusieurs outils d'évaluation des risques, notamment des cartes de prévisions météorologiques et des listes de contrôle :

L'analyse des pétales peut également aider à prévoir la gravité de la maladie en mesurant le pourcentage de pétales de canola infectés par des ascospores de Sclerotinia au début de la floraison. Si plus de 45 % des pétales sont infectés et que les conditions environnementales sont propices au développement de la maladie, une application de fongicide est recommandée6. L'un des inconvénients de l'analyse des pétales est qu'il faut du temps entre la collecte des échantillons et l'obtention des résultats, ce qui peut empêcher l'application de fongicides en temps voulu2.

Outils numériques : Étant donné que le développement de S. sclerotiorum dépend largement de facteurs environnementaux, notamment l'humidité relative, les précipitations et la température, certaines applications de surveillance des champs telles que Climate FieldViewMC peuvent être utilisées pour évaluer les facteurs liés à un risque accru d'infection par la pourriture à sclérotes. L'humidité relative corrélée à la densité du couvert végétal (A – images de la santé des parcelles et biomasse accumulée), les mesures cumulatives de précipitations (B) et les évaluations quotidiennes de la température (C) peuvent toutes être obtenues par l’intermédiaire de l'application Climate FieldViewMC et utilisées par les producteurs comme outil d'évaluation du risque d'infection et de développement ultérieur de la maladie. Les données obtenues de Climate FieldViewMC peuvent également être intégrées dans un programme de dépistage efficace qui mesure les facteurs de risques et évalue la nécessité d'appliquer des fongicides. Les données de dépistage, de rotation des cultures et de traitements phytosanitaires peuvent être stockées dans l'application, qui sert alors de méthode d'archivage.

Climate FieldView™ data

Figure 3. Données recueillies par Climate FieldViewMC pouvant être utilisées pour évaluer les facteurs associés à un risque accru de pourriture à sclérotes durant la saison ainsi que la pertinence d’un traitement fongicide.

Autres mesures de lutte

Résistance de l'hôte : Des produits de canola dotés d’une tolérance à Sclerotinia ont été commercialisés au Canada, mais, à ce jour, aucun n’y est totalement résistant. Dans des essais, les produits tolérants ont été touchés moins gravement par la maladie, puisqu’ils ont présenté moins de lésions sur les tiges et les autres parties du plant2. Les risques de verse et d’infection grave sont moindres avec les produits qui présentent des tiges solides et une tendance plus marquée à la ramification6. Dans une situation de risque d'infection grave, un traitement fongicide peut malgré tout être nécessaire. Pour obtenir de l’information sur la tolérance et la sélection des produits, consultez le protocole élaboré par Dr Lone Buchwaldt et le sous-comité des pathologies du comité de recommandations du canola/colza de l’Ouest du Canada :

https://www.canolacouncil.org/research/

Lutte biologique : Deux produits biologiques sont présentement offerts aux producteurs de canola canadiens : le fongicide SerenadeMD OPTI et le fongicide ContansMD WG. Le fongicide Serenade OPTI est un biofongicide en poudre mouillable produit à partir de la bactérie Bacillus subtillis. Comme les autres fongicides, le fongicide Serenade OPTI est recommandé pour une application foliaire au stade de 20 à 30 % de floraison. Le fongicide Contans WG est produit à partir du champignon Coniothyrium minitans et est appliqué en prélevée pour réduire le nombre de sclérotes viables dans un champ infesté2.

Principales stratégies de lutte exemplaires

  • Conservez des dossiers complets sur les antécédents de chaque champ et l’incidence de la maladie
  • Utilisez un hybride performant, tolérant aux maladies et dont le type développement favorise la circulation de l’air
  • Adoptez de bonnes pratiques culturales :
    • Rotation d’au moins 3 ans en cultures non hôtes
    • Pratiques de travail du sol efficaces
    • Désherbage
    • Peuplements moins denses et rangs plus espacés
    • Contrôle de l’irrigation
    • Ne pas récolter pendant une forte averse
    • Nettoyage de la batteuse après la récolte
  • Appliquez les fongicides à des moments précis et selon les méthodes reconnues
  • Considérez la lutte biologique dans le cadre d’une stratégie à long terme visant à réduire la maladie dans les champs